Quand le téléphone a sonné pour la dixième fois, j’ai refusé de décrocher. Comme les 9 premières fois.

Quand on sait ce que les gens veulent nous dire, est-ce bien nécessaire d’en faire un foin ? J’attends qu’il se lasse.

Keep busy.

Fourmillements dans mes oreilles.

Je lis aujourd’hui.  Carnets du sous sol. Dostoïevski. En regardant un livre sur Hopper.

Aujourd’hui, je reste occupée, loin des fenêtres qui donnent sur la rue et de mon téléphone.

Mais déjà voilà que ça frappe à la porte. Laissez moi en paix.

Quand j’ai vu Matthieu pour la première fois, j’en ai fait une cible. Je le voulais. Deux, trois mots et son destin était scellé, je le voulais. J’en ai même oublié Miguel quelques semaines. Matthieu, je l’écouterais parler des heures. Sur mon canapé, sur le bar, sur la couette de mon lit.

Et puis, que voulez vous, on se lasse ? Son nez n’est plus si particulier, et son odeur ne me fait plus fondre.

Ça toc. Ça crie. Je monte le son de la radio.

Seulement voilà. Impossible de dire Adieu. Et soudain, cela vient de lui. Mon ego ne s’en relèverait pas.

Ça tambourine. Ne se lassera-t-il donc jamais de m’importuner ?

Une idée jaillit. Ma robe tombe au sol.

J’ouvre la porte, l’attire à moi, l’embrasse.

On parlera plus tard.

Et ce coup-là, il n’aura que le dernier mot.

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