A 8h00 le réveil sonne et nous nous levons.

L’un va chercher le pain, l’autre met l’eau à chauffer. L’un utilise la salle de bain, l’autre se recoiffe devant le miroir de l’entrée.

Il y en a eu des moments de joie, à deux. A chaque fois, cassés par sa férocité. Sa main s’abat sur mon bras. Il s’est brûlé avec le thé.

« Salope, tu fais exprès que je me crame ».

J’aimerais lui répondre que oui. Je veux tellement brûler sa langue qu’elle se disloque. Qu’aucun mot ne puisse à jamais plus sortir de sa bouche. Que le feu gagne son gosier. Qu’il s’envole jusqu’à l’hémisphère gauche, qu’il détruise tous les neurones. Que la fumée vienne jaunir ses yeux. Que ses cheveux fondent sous le feu vif.

Mais ce n’est pas intentionnel. L’eau est tiède.

Je ne sais même pas pourquoi je me lève. Recroquevillée sous la couette bleue, il est 11 heures. Je me cache. La musique crie à mes oreilles. Plus c’est fort, moins je pense. Le weekend, il est à la maison toute la journée.

Je sais que dans 15 minutes, ma nudité sera exposée au froid quand il fera voler la couette d’un mouvement sec. Tremblante, je me lèverai encore, passerai une robe en coton, irait saluer le voisin. Et je sourirai.

« Bonjour, Romain, alors ça va bien? »

« Parfait, alors, on faisait la grasse mat’? »

« Eh ben oui, hein, on en profite c’est le weekend ».

 

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s