C’était le jour de mes 56 ans que j’ai ressenti le besoin de reparler à ceux qui étaient à moitié moi et tellement loin.

Louis a toujours été celui dont j’ai été le plus proche. C’est le moins amoché de mes enfants.

Aujourd’hui je les ai tous appelé.

« Je veux te voir maintenant ».

Maxence a reniflé, je lui ai dis de passer chercher Céleste. Ma fille n’a rien dit. Céleste ne parle pas.

Louis me tenait déjà la main. Car aujourd’hui 20 ans après mes années folles, j’allais leur donner mes enveloppes de souvenir. Et ils pourront, s’ils le souhaitent, aller à la recherche de la pièce manquante, leurs pères.

Louis, le premier, n’aura jamais cette chance. Son père est mort, sans famille ni ami, il y a plus de vingt-cinq ans.

Mes enfants sont des gens détruits, sans âme.

Je veux la leur rendre.

Assis sur des bancs plein d’échardes, voir arriver mes enfants me rend nerveuse.

Une fois les enveloppes remises, je me lève, craintive. Mais aucun des deux ne tourne les yeux vers moi, aucun ne m’embrasse.

Alors, je sors ma carte de transport et tourne les talons.

Je ne pourrai pas les sauver.

 

 

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