Impossible d’attacher le haut d’une robe.
Devant les séries drôles, je ne ris plus.

Le rire, ça devrait se partager.

Personne ne m’aide à vider le lave vaisselle.

Y’a pas d’assiette car y’a pas de repas.

Y’a des pommes.

Des caisses de pommes.

Que personne ne m’aide à monter à mon étage.

Y’a que de livres. Partout. Sur le sol. Y’a pas de ménage. Sauf le vendredi quand Miguel vient.

Il sonne.

C’est un tourbillon de sourires. Pas besoin de musique. Sa voix. Ses bras.

Quelle chance elle a sa femme.

Y’a les draps. Le bouton de ma robe pas attachée, jeté avec le reste du vêtement sur une chaise.

Il met les assiettes sur la table couverte d’une nappe. Il cuisine italien.

Il chante.

Miguel.

Le M fort,  le I taquin, le G doux, le U qui unit, le E qui enlace, le L qui soulève.

2h de béatitude dans une semaine froide.

L’union parfaite de deux cœurs endeuillés.

L’amour me rend poète.

Je me fais légère.

Jusqu’à ce que je rouvre la porte de chez moi, l’accompagne dans les escaliers, l’enlace dans l’entrée, lui serre la main dans la rue, tape à la vitre de la voiture, remonte en peine jusqu’à mon appartement.

Je fous tous les livres de la bibliothèque au sol. J’en dévore un.

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